Deux ans!

Nous sommes le 3 octobre 2014, et cela fait deux ans exactement que je suis au Canada. Deux années passées à toute vitesse. Si le bilan de la première année était plutôt positif, celui de 2013-2014 l’est un peu moins.

Avant de commencer cet article, j’ai relu celui que j’avais écrit l’an dernier pour voir quel bilan je tirais à l’époque. J’avais déménagé au Manitoba et avais un emploi dans cette Province m’ayant permis de prolonger mon séjour. Sauf qu’à l’époque où j’avais rédigé ces lignes, je ne savais pas encore que, quelques semaines plus tard, j’allais être licencié pour des raisons économiques.

Ce licenciement a clairement été l’expérience la plus mauvaise de l’année 2013-2014. Non pas que je ne pensais pas retrouver un travail, mais parce que le permis de travail que j’avais me liais avec l’entreprise pour deux ans (on m’avait fait déménager seulement six mois plutôt et on avait conclu une entente de deux années) et que trouver un employeur prêt à écrire une lettre (ils ne paient rien, tout est gratuit pour eux, ils n’ont qu’à écrire une lettre) pour obtenir un nouveau permis m’autorisant à travailler est extrêmement compliqué. Mais mis à part ce problème du permis de travail, le licenciement n’était finalement pas une chose si mauvaise.

A l’époque, j’avais déjà conscience que je ne m’éclatais pas du tout dans l’entreprise où j’étais. Je serrais les dents et faisais avec, mais pour la première fois de ma vie, je m’ennuyais dans un emploi qui était pourtant dans mon domaine. Par ailleurs, et parce que j’étais totalement dépendant d’eux concernant le permis de travail, j’ai accepté des choses que jamais je n’aurais accepté si j’avais été libre de mes mouvements. Journalistiquement, j’ai été témoin, et parfois malheureusement acteur car pas le choix, de choses scandaleuses telles que double signature d’articles avec un journaliste qui n’avait absolument pas contribué à la rédaction d’un papier, voire remplacement de signature, recopiage et “réécriture” d’informations prises sur le web ainsi que photos prises et non créditées (mais heureusement, finalement, le projet n’est jamais paru) etc. J’ai aussi été témoin et victime d’intimidations sur des collègues et moi-même sauf que, à l’époque, je n’avais ni le recul nécessaire ni l’expérience pour comprendre que cela correspondait à du harcèlement. Bref, la pire expérience journalistique que j’ai eue à ce jour, alors même que j’ai travaillé dans des journaux qui tiraient à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, ainsi qu’en tant que pigiste pour la troisième plus grosse agence de presse mondiale.

Décembre est arrivé, je suis retourné en France. Ce moment a été utile pour me ressourcer un peu et repartir d’attaque même si, après plusieurs semaines passées dans le pays, la morosité et le pessimisme ambiant commençaient à me faire douter de mes choix. J’avoue que lorsque je suis monté dans l’avion du retour au Canada, je ne faisais pas le fier et me suis vraiment demandé si je ne ferais pas mieux de rebrousser chemin (mais j’avais des affaires à finir à Winnipeg de toutes façons, donc je devais partir quand même lol): je repartais vers une ville où j’habitais et avais des connaissances, avec quelques touches professionnelles, mais rien de concret, pas d’emploi ni de solutions réelles et rapide pour changer de visa. Bref, ça semblait bouché et j’allais me retrouver sans le soutien direct de ma famille et de mes proches amis.

A peine le pied posé à Winnipeg, je reçois, dès le lendemain de mon arrivée, un coup de fil me laissant un espoir d’emploi éventuel dans les prochains mois. Par ailleurs, le surlendemain, j’avais une rencontre pour travailler là où je travaille actuellement. D’abord à temps partiel pendant un mois environ, je suis ensuite passé à temps complet avec l’animation d’une émission l’après-midi. Je n’en ai encore jamais parlé sur ce blog (j’ai la flemme, et du retard, mais je le ferai un jour), mais cela correspond peu ou prou à ce que je faisais à Toronto le matin 😉

Clairement, cet emploi a été probablement un grand sauveur puisqu’il m’a permis de rester sur le territoire et de subvenir à mes besoins sans piocher dans mes économies. Ma procédure de résidence permanente ayant été engagée en décembre, j’avais aussi la solution de rentrer en France le temps de recevoir les papiers. L’autre point positif de cet emploi, c’est que j’acquiers des nouvelles compétences en matière d’enseignement, et peaufine mes aptitudes à l’animation. En outre, je travaille enfin avec des Canadiens et, même si tout n’est pas parfait, c’est le type d’expérience que je recherchais! L’ambiance est aussi très bonne. Au final, à l’heure actuelle, il ne me manque peut-être qu’une chose professionnellement: le reportage de terrain, l’action et ses montées d’adrénaline.

Au-delà du travail, ma vie personnelle a aussi été pas mal remplie. Outre le fait que j’ai continué à voyager, notamment en visitant Vancouver, j’ai eu mes parents qui sont venus me rendre visite pour la première fois en deux ans (les articles à ce propos continueront d’arriver dans les prochaines semaines). De nouvelles personnes sont entrées dans ma vie, et je me suis récemment engagé comme bénévole à la Winnipeg Humane Society (l’équivalent de la SPA) où, chaque samedi pendant deux heures, je passe mon temps à caresser des chats (dure la vie xD). Enfin, depuis peu, j’ai changé de logement et vie enfin seul, dans un appartement. La première fois depuis que je suis au Canada. La première fois de ma vie, aussi, que j’ai dû acheter des meubles qui n’appartiennent qu’à moi, ayant été habitué à loger dans des meublés en France.

Et, finalement, si l’on jette un oeil à la liste de choses à faire que j’avais rédigée l’an dernier à la fin de mon bilan, plusieurs ont été réalisées! Voyez plutôt:

– Survivre à l’hiver winnipégois: CHECK (puis il était dur celui-ci)

– Entamer les démarches pour la résidence permanente: CHECK

– Me trouver un logement pour moi tout seul: CHECK

– Continuer à utiliser l’anglais et à améliorer mes compétences linguistiques: TOUJOURS EN COURS

– Continuer de visiter ce pays: TOUJOURS EN COURS

– M’éclater, toujours! : TOUJOURS EN COURS

A cette liste, je rajouterai:

– Obtenir la résidence permanente et/ou retrouver ma liberté via un permis de travail ouvert

– Ramener mon chat de France ou prendre un chat

– Trouver une blonde

– Reprendre/poursuivre mon ascension professionnelle et retourner faire du reportage de terrain

– Voyager à l’extérieur du Canada (et hors France)

On se donne rendez-vous pour un nouveau point l’année prochaine? 😀

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