Les charrettes de la fortune / The carts of fortune

Cet article est le 8è d’une série sur mon séjour d’une semaine au Costa Rica.

This article is the eighth in a series on my one-week trip in Costa Rica.

Aujourd’hui, je vais vous parler de charrettes. A priori, cela n’a rien d’intéressant, et pourtant…

Today, I’m going to talk about carts.

Au Costa Rica, la charrette traditionnelle, également appelée char à boeufs, est une institution. Au-delà de l’attrait touristique et folklorique qui tient au fait que ces charrettes sont admirablement décorées, elles ont joué un rôle déterminant dans l’évolution du pays. A tel point que l’Etat en a fait le symbole national du travail.

In Costa Rica, the traditional wagon, also called oxcart, is an institution. Beyond the tourist attraction and folk because these carts are beautifully decorated, they played a key role in the development of the country. The state has made it the national symbol of labor.

Il existe des charrettes de toutes les tailles / There are carts in all sizes
Il existe des charrettes de toutes les tailles / There are carts in all sizes

Les charrettes costariciennes ont commencé à prendre vraiment de l’importance dans les années 1850. A l’époque, les routes étaient rares. Il fallait pourtant bien acheminer le café, principale ressource qui a permis au pays de décoller économiquement, vers le port de Puntarenas afin que celui-ci soit expédié vers l’Europe ou les États-Unis. Capable d’effectuer de très longs trajets et doté d’une grande solidité, le char à boeufs est vite devenu le moyen de transport idéal et il pouvait contenir jusqu’à 500kg de café. En février et mars, de véritables caravanes commerciales prenaient d’assaut les quelques voies de circulation existantes pour emmener l’or noir du pays vers le port. Parallèlement, la charrette a été associée au café et donc à la richesse. Ce mode de transport étant très cher, seuls les plus aisés pouvaient se l’offrir. De nos jours, une charrette coûte en moyenne plus de 3 500€ (plus de 4 717$ canadiens) et la fabrication reste artisanale.

Costa Rican carts took off during 1850s. At that time, roads were rare. But people had to carry the coffee, the main resource that enabled the country to take off economically, to the port of Puntarenas. Then, the coffee was shipped to Europe or the US. Very strong, they could run very long distances and the oxcart quickly became the ideal means of transportation. It could hold up to 500kg of coffee. In February and March, trade caravans stormed the few existing traffic lanes to bring the black gold of the country to the port. Meanwhile, the cart was associated with coffee and therefore wealth. This transportation is very expensive, only the rich could afford. Nowadays, a cart costs on average more than € 3,500 (over $ 4,717 Canadian) and manufacturing is still traditional.

Malheureusement, les améliorations apportées aux charrettes au cours du temps les avaient rendu plutôt moches visuellement. Les artisans ont donc pris l’habitude de couvrir les roues avec un panneau de bois, comparable à un enjoliveur aujourd’hui. Ils ont aussi commencé à peindre les roues des véhicules aux couleurs de leur ville ou de leur village, afin de pouvoir reconnaître l’origine de leurs concitoyens. Néanmoins, l’origine de cette tradition de décoration est incertaine, de même que son ancienneté, mais il est communément admis que cela remonte aux années 1890 – 1900. Certains historiens avancent aussi que cette tradition viendrait d’Italie: une vague d’immigration liée à la construction du chemin de fer s’est produite au moment où apparaissait cette coutume, mais aucun lien formel, ni aucune preuve n’a pu être apportée.

Unfortunately, improvements made over time had made carts ugly visually. Artisans got used to cover the wheels with a wooden panel. They also began to paint the wheels of vehicles with colors of their city or their village in order to identify themselves. However, the origin of this tradition of decorating is uncertain, as well as its age, but it is commonly accepted that it goes back to the years 1890-1900. Some historians also argue that this tradition comes from Italy: a wave of immigration related to the construction of the railway occurred when appeared the custom, but no formal link, and no evidence has been provided.

Une charrette peut porter jusqu'à 500kg / A cart can carry up to 500kg
Une charrette peut porter jusqu’à 500kg / A cart can carry up to 500kg

Le centre historique de fabrication de ces charrettes décorées est le village de Sarchí, situé dans la province d’Alajuela. Le 22 mars 1988, la charrette à boeufs a été déclarée symbole national du travail par le président de la république Don Oscar Arias Sánchez. La raison officielle est la valeur historique que la charrette représente pour le pays, mais le père du président avait lui-même fait fortune en louant des charrettes pour transporter le café jusqu’à Puntarenas. Le choix de ce symbole n’est donc peut-être pas aussi objectif qu’il y paraît. Reste que le Costa Rica n’est pas le seul à reconnaître l’importance des charrettes: le 25 novembre 2005, l’Unesco  l’a classée « Chef d´œuvre du Patrimoine Oral et Intangible de l´Humanité ». Cette reconnaissance permet la sauvegarde d’une tradition et d’un savoir-faire uniques.

The manufacturing historic center of these decorated carts is the village of Sarchi, located in the province of Alajuela. On March 22nd 1988 the oxcart was declared as national symbol of work by the President of the Republic Don Oscar Arias Sánchez. The official reason is the historical value of the cart for the country, but the president’s father himself had become rich by renting carts to transport coffee to Puntarenas. The choice of this symbol is therefore perhaps not as objective as it seems. Still, Costa Rica is not alone in recognizing the importance of carts: On November 25, 2005, UNESCO has classified as “Masterpiece of Oral and Intangible Heritage of Humanity.” This recognition allows the preservation of a tradition and a unique know-how.

Au final, la charrette à bœufs du Costa Rica fait partie intégrante du patrimoine national, et un grand défilé de charrettes traditionnelles a lieu chaque dernier week-end du mois de novembre à San José.

Finally, the oxcart of Costa Rica is part of the national heritage. A traditional parade of carts occured every last weekend of November in San Jose.

Pour en savoir plus sur l’histoire des charrettes, rendez-vous ici.

To know more about the carts history, go here (in French).

Le Monde avait publié en 2011 un reportage vidéo sur les charrettes de Sarchi, à voir en cliquant .

French newspaper Le Monde published in 2011 a video report on carts made in Sarchi. To see, click here.

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