Accepter ou refuser un job, telle est la question

Comme vous l’avez peut-être constaté, il n’y a pas eu d’articles sur le Costa Rica le week-end dernier, comme c’était le cas depuis plusieurs semaines. La raison tient en un mot: travail.

Ce week-end, en effet, j’ai couvert un sujet pour l’AFP. Ça m’a pris une bonne partie de mon samedi, et j’avais d’autres plans pour le dimanche. En outre, je n’avais pas vraiment la tête à écrire…

Je fais face à un dilemme. Cela fait 7 mois que je suis au Canada, à Toronto. Ces dernières semaines, un emploi stable et permanent dans mon domaine m’a été proposé dans une autre ville canadienne, plus à l’Ouest. Les distances étant immenses ici, si j’accepte je devrais prendre l’avion pour déménager: en voiture, cela prendrait plusieurs jours, et 31h en train.

Oui, vous avez bien lu: si j’accepte. Je ne suis en effet pas encore sûr de prendre ce job. Cela va probablement en étonner quelques-uns, en révolter d’autres, et spécialement certains de mes jeunes collègues journalistes qui galèrent en France: ils sont nombreux à rêver d’un emploi stable dans un journal de PQR (presse quotidienne régionale pour les non-initiés), un site web, une boite de production, une chaîne TV ou une radio…

Ce dilemme peut sembler être un problème de “privilégié”. Je reconnais que je suis chanceux: alors que je pars à l’étranger et que les places sont très chères dans mon domaine, on me propose, bien avant la fin de mon permis de travail (nombreux sont ceux qui partent comme moi et qui trouvent un travail stable et dans leur domaine 2 semaines à un mois avant l’expiration de leur visa, de quoi se faire de belles frayeurs), un emploi dans ma branche. En France, même si on ne m’a jamais proposé clairement de CDI, on m’a quelques fois proposé de rester, comme ce fut le cas à La Nouvelle République (coucou les collègues!) en décembre 2011-janvier 2012. A l’époque, j’avais refusé parce que je voulais voir autre chose, connaître le fonctionnement dans un autre journal, une autre rédaction…

Alors pourquoi j’hésite à prendre le poste qu’on me propose? La première raison tient au salaire qu’on m’offre pour débuter: très bas (pour le Canada j’entends), avec des coûts supplémentaires à ceux que j’ai à Toronto puisque je devrais prendre une voiture et que j’aurais un budget nourriture, alors que je n’en ai pas dans la ville reine grâce à mon coloc qui est restaurateur. La deuxième tient au fait que je ne sais pas si lâcher certains médias que j’ai ici est une bonne chose, même si je n’ai aucune garantie sur le fait qu’ils pourraient m’aider pour obtenir la résidence permanente. La troisième, et celle-ci, les gens qui me connaissent le savent, j’ai toujours cette peur immense de m’installer quelque part, de “m’enterrer” dans un lieu, comme j’ai l’habitude de dire. C’est une sorte de peur chronique: je crains la routine et, même si je suis un très gros bosseur, je suis aussi un flemmard. Je ne veux pas tomber dans le confort parce que je ne suis pas sûr d’avoir le courage d’en sortir. C’est aussi pour ça que j’aime bien changer de ville ou de rédac régulièrement, et c’est pour cette raison que j’avais choisi de quitter La Nouvelle République à l’époque: je ne voulais pas rester dans une ville trop longtemps.

Cela fait 7 mois que je suis à Toronto, et c’est le lieu où j’ai passé le plus de temps depuis ma sortie de l’école de Strasbourg. Pourtant, j’ai l’impression de ne pas avoir exploité à fond les ressources de cette ville. La dernière fois que j’ai eu ce sentiment, c’est quand j’ai quitté Strasbourg, après deux ans passés dans la capitale alsacienne. Reste que j’ai vraiment aimé bouger de ville en ville l’an dernier. Néanmoins, ce mode de vie est difficile à comprendre pour ma famille et mes amis (déjà que le fonctionnement dans le journalisme est difficile à comprendre tout court pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds dedans), mais, moi, j’aurais aimé continuer à bouger pendant encore 2-3 ans maximum.

Bref, je vais devoir prendre ma décision d’ici vendredi. Mais, à l’heure où j’écris ces lignes, une chose est claire dans mon esprit: si j’accepte, je resterai là-bas peut-être 2-3-4 ans, pas plus.

(Photo de Une prise lors du Toronto Comics Arts Festival, lors d’une interview avec l’auteur français Boulet pour l’AFP. Crédit photo: Juliette Capdevielle)

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