Tram, bus et métro: c’est rigolo mais pas réglo

Oui, oui, je sais. Je ne poste pas beaucoup ces derniers temps. Il faut dire que j’ai été pas mal pris et j’ai passé mon tout premier entretien d’embauche au Canada et en anglais la semaine dernière! On verra ce que ça donne, mais là n’est pas le propos de cet article.

Aujourd’hui, je veux vous parler un peu des transports à Toronto. Je ne parlerai pas du réseau de trains que je ne connais pas, n’ayant pas eu à l’utiliser.

A Toronto, pour se déplacer, nous avons le choix entre les bus, le tramway et le métro. Au total, il y a 170 lignes de bus (je les ai comptées 😛 ), 11 tramways (streetcar) et… 4 pauvres lignes de métro! Si on estime que Toronto, à l’échelle du Canada, pourrait être comparée à Paris à l’échelle de la France, et qu’on compare les deux cartes des plans de métro (Toronto / Paris), Toronto fait juste peine à voir! Il n’y a d’ailleurs pas grand-chose à raconter sur le métro, le simple fait de visualiser le plan se suffit à lui-même…

Les streetcars, eux, sont très souvent vieux. Ils commencent à être remplacés, et devraient l’être totalement l’année prochaine, mais pour le moment les anciens (qui ont été construits à la fin des années 70 et au début des années 80) sont encore majoritairement en circulation. Vous me direz: “Qu’un tram soit vieux ou non, ça va toujours plus vite qu’un bus en ville”. Que nenni! Ici, le tram n’a pas de voies réservées comme en France. Concrètement, les voitures roulent là où se trouvent les rails, du coup le tramway est dépendant du trafic et il s’arrête aux feux. En outre, les rails étant en plein milieu de la chaussée, ils n’ont évidemment pas pu faire des arrêts en plein milieu de la route de partout. Souvent, donc, les arrêts sont juste indiqués par un pauvre panneau. Vous attendez à ce panneau (bien en ligne hein, comme ils savent faire ici) et lorsque le streetcar s’arrête à votre hauteur, vous devez traverser la chaussée. Idem à la descente. Dangereux? Oui et non: on est au Canada, ici les gens respectent et lorsque le tram s’arrête, les voitures derrière lui s’arrêtent aussi pour laisser le temps aux gens de rejoindre le trottoir. Il y a bien sûr toujours un crétin qui va passer, mais il se fait en général klaxonner par le chauffeur du streetcar. Reste que je ne suis pas vraiment tranquille quand je descends d’un tram, et je regarde toujours avant de traverser. Les Canadiens, eux, ils foncent…

Un simple panneau indique la présence d'un arrêt de streetcar sur le trottoir. Il n'y a généralement pas les horaires de passage. Pour atteindre le streetcar, il faut ensuite traverser la route et éviter les voitures...
Un simple panneau indique la présence d’un arrêt de streetcar sur le trottoir. Il n’y a généralement pas les horaires de passage. Pour atteindre le streetcar, il faut ensuite traverser la route et éviter les voitures…

Enfin, il y a les bus. Quand on est dans le centre-ville “élargi”, les transports fonctionnent 24/24, 7/7 et ça c’est vraiment cool. Les métros et les trams s’arrêtent à une certaine heure et des bus prennent la relève sur les tracés des lignes qu’ils remplacent. Le gros avantage des bus pour certaines personnes, c’est qu’ils ont un système qui permet au chauffeur d’abaisser le côté où l’on monte. Très pratique pour les petites mamies, les personnes handicapées, les blessés, les gens avec des courses etc. En outre, lorsqu’une personne diminuée monte dans un bus ou un tram (c’est moins vrai dans le métro, mais il n’y en a pas forcément l’utilité dans ce dernier), les gens assis aux premières places les quittent spontanément et vont s’installer plus en arrière afin d’épargner à la personne diminuée des efforts trop importants. C’est classe, ça s’appelle du savoir-vivre mais on n’a plus trop ça dans notre culture et moi-même je n’ai pas toujours le réflexe d’aller vers l’arrière.

Je ne crois pas avoir vu un bus fonctionnant au gaz, et ne pensez même pas à l'électricité! Reste qu'un système permet d'abaisser le bus, facilitant ainsi la montée pour les personnes diminuées.
Je ne crois pas avoir vu un bus fonctionnant au gaz, et ne pensez même pas à l’électricité! Reste qu’un système permet d’abaisser le bus, facilitant ainsi la montée pour les personnes diminuées.

Pour finir, il faut savoir que le transport à Toronto est extrêmement cher. Un abonnement mensuel coûte 126$ (il passera à 128,5$ le 1er janvier) pour un réseau de métro, par exemple, bien moins développé que celui de Montréal où l’abonnement mensuel n’est que de 75$. De plus, outre les cartes (mensuelle, hebdomadaire etc.), nous avons les “tokens” pour des déplacements uniques. Concrètement, ce sont des jetons qui coûte 3$ l’un, et qui ne sont aucunement pratique! Ces trucs sont ridiculement petits, ils se perdent dans les poches ou au milieu de notre monnaie. De même, il faut avoir le doigté pour foutre ces satanés ronds de métal dans la toute petite fente aux portiques d’accès du métro. Si, par malheur, vous ratez le trou et qu’il vous échappe, bonne chance pour le rattraper…

Une fois entré sur le réseau avec votre token, vous devez demander au chauffeur (ou vous servir dans une machine dans les stations de métro) un transfert. C’est un morceau de papier qui ressemble à une note/facture sur lequel sont inscrits l’heure et le numéro de la ligne. Un transfert permet de passer d’un bus à l’autre ou d’un moyen de transport à un autre, mais vous devez changer là où votre transport précédent vous laisse, si j’ai bien compris… En clair, vous ne pouvez pas descendre d’un transport à un arrêt, marcher jusqu’à un autre arrêt d’une autre ligne qui ne se trouve pas exactement là où vous êtes descendu et prendre le bus/tram/métro. De même, il est interdit d’utiliser un transfert pour effectuer un aller-retour (sauf sur une seule ligne de tram, allez comprendre pourquoi…). Vous devez donc payer à nouveau 3$ pour revenir après être allé quelque part. Normalement…

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Les cartes sont plutôt jolies et elles changent tous les mois, mais elles valent quand même 126$… Avec ça, on a accès à tout le réseau de manière illimitée. Heureusement!

Je dis normalement parce qu’en réalité, il semble assez facile de duper la TTC. D’abord, il n’y a des agents qu’aux entrées du métro, derrière des guérites. S’ils surveillent bien évidemment que chacun glisse sa carte (oui parce qu’elles n’ont pas de puces hein, faut la glisser dans une fente comme une carte de crédit…), il est aussi possible de verser les 3$ nécessaires à un trajet dans une boite en plexiglas. L’agent ne va pas s’amuser à vérifier que vous avez mis la somme très précisément. De même, lorsqu’on monte dans un bus ou un tram et qu’on présente le transfert, les chauffeurs le regarde d’un air plutôt distrait. En fait, ici, tout est basé sur la confiance. Un tel système ne fonctionnerait certainement pas en France et les réseaux de transport en commun auraient fait faillite depuis belle lurette dans plusieurs villes!

Il y aurait encore pas mal de choses à dire (se diriger, les plans des lignes qui ne sont pas dans les bus et tram etc.) mais ça vous donne un assez bon aperçu je pense. J’espère avoir été assez clair dans mes explications du réseau de transport en commun à Toronto. Ce n’est vraiment pas évident, moi-même n’ayant pas tout compris. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires 😉

La prochaine fois, je vous parlerai d’un autre sujet dont la logique nous échappe totalement en tant que Français: le réseau de télécommunication et les téléphones portables. Ça va être passionnant… 😉

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